INTERFERENCES
publié en 1982 par éditions Subervie
réédité en 1997 par éditions Caracter's
épuisé
la critique a dit :
j'ai lu votre ouvrage avec intérêt et je tiens certains passages pour tout à fait remarquables (Edgar Faure de l'Académie Française)
Extraits :
Montagne
Torche
Brûlant d’azur
Et de neige
Tissant la trame du soleil
Montagne
Sur le versant de ton miroir
Ce reflet
La trace à l’horizon
De tes oiseaux de proie
Et dans l’orage
Foudre fuyant la foudre
La nage de leurs ailes
Raz de haute nuée
Quand d’un éclair
Tu fais et défais ta beauté
Ta vague d’ombre flambe aux tisons des étoiles
Et cendre du soir
Où le regard se perd
Scelle le temps du rêve à l’infini du temps
Au premier chant des nuits
Au premier feu de neige
Entre lumière et joie
Du tranchant de ton souffle
Neuve floraison
Naissent d’autres torrents aux sources de moi-même
Ton sol
Soudain se fend
Dans le gel de ta lave
Et dans un tremblement de lueurs souterraines
Tu forges d’autres mots pour une autre parole
Mais
Dans ce gouffre
Enfin
Sur l’ombre de tes roches
Où mon geste
Palabre
Infiniment
Une vibration de cristal
-Focale de mes chemins buissonniers-
Clame
En un souffle minéral
La rédemption
De ta lumière
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Mais le miroir est vide
Mes images d’enfance se sont perdues dans la neuve géométrie du béton.
Les vitres fumées des tours ne font plus courir que des nuages vers ces lointains où rampent mes solitudes.
Le miroir est vide
Pris du vertige des nostalgies, je scrute désespérément ces ombres de cristal où, dans un geste aboli, le passé meurt.
Le miroir est vide
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Domaine si proche de l’oubli,
L’eau et le vent qui te fécondent
Viendront toujours du passé !
Tel un migrateur sous un ciel sans étoiles,
C’est en vain que je cherche les rives d’autrefois !
Je me grise de mots comme on prend une drogue,
Et la fièvre, sur ma peau
Fait flotter des mirages.
Jamais, de la réalité, je n’ai su faire un rêve,
Mais plutôt cette course vaine
Au long de mes châteaux de sable,
Que ces grincements d’aubes rouillées
Inutiles au moulin
Qui se ruine au dévers d’une rive !
Mes sables de jeunesse,
Vous ai-je retrouvés
Au long de mes chemins imaginaires ?
La vague,
Sur la grève, laisse une trace
Que la vague efface,
… Ainsi, de moi,
Dans le jusant des heures,
Cette brume d’encre qui ronge la page !
Ecrire est mon sillage de navire échoué !
De mes retours sans voyages,
j’ai gardé la nostalgie
de ces parfums ardents, qu’au plus profond de moi,
un goût de fleur atteste.
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C’était tu t’en souviens peut-être
C’était la mer autour des voiles
Au grand soleil de tes bras nus
Le ciel entrait par la fenêtre
Au gré de parfums inconnus
C’était dans tes cheveux le vent
Qui emportait vers les étoiles
Les rêves de nos cœurs ferventsC’était comme le bruit d’une aile
Passant le feu dans ton regard
C’était brûlant que brûle en elle
La vie – l’amour en son hasard
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Comme l’oiseau prouve l’espace
Et comme la fumée le feu
Ma vie répond de cette trace
Dont je souffre toujours un peu
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Reflet
Au prisme d’un nuage
Présence poreuse
A la naissance de la pluie
Corps lisse
Dans le secret du vent
Ou bien encore
Palme
Baignant de sable la lumière
J’étais
Où je ne suis pas
Où le pain tendre sous la paupière
Donne asile au pèlerin
Où la sève solennelle fait de la flamme
Une rosée
Mousse
Où l’on se jette à genoux
Quand la source étanche la durée
J’étais
Où sera demain
Cristal d’absence
Ivre
Dans le feuillage
De l’azur
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Ô ! Fontaines ornées d’oiseaux
Mon antique jeunesse
Hante
Le refuge
De votre fragile
Permanence
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Cathédrale à ciel ouvert
Embrase tes autels
A la ferveur sans trêve de mes espaces
Intérieurs
Ta spirale enserre
L’espoir
Et porte en sa dérive
Tout songe
Libre
En ces turbulences où l’attente
Fonde
Un règne que la lumière
Apaise
J’invente la confusion
Et je défais l’univers
Sur le mirage des apparences
J’érige ces façades qui ouvrent
Le piège
De leurs certitudes
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Quand l’écume de l’ombre sillage du rêve
Scande de mon silence le chant vertical
Oblique je tombe sur un rayon du jour
Comme poignard de l’aube au détour du cheminInexorablement sur l’axe des étoiles
La ronde des pensées déroule le suaire
Où la fièvre des mots consume en un vertige
La lente négation de mon ultime espoir
D’un battement réglé par un frisson de quartzA l’instar d’une torche investissant le vide
Le temps creuse ma chair au rythme d’un destin
Qu’aucun chemin ne cerne et que la joie déserteDans des flammes de jais s’effacent les clartés
Ô poignard de lumière être ta verticale
Qui donnaient sa mesure à mon ombre portée
Lors je suis dans l’espace un point que tout dévore
Et qui ne peut renaître qu’au feu de l’aurore
Où les mouches de l’aube éteignent leur éclat
Et comme elles aux forges d’un vol immobile
Etre orfèvre de chaînes où pend l’avenir
Pouvoir enfin sur l’hyperbole d’un regard
N’arriver plus oblique heurtant les parallèles
De cette incertitude où s’insinue la mort
Mais rebondir plus haut vers de sereines cimes
Est-il donc un espace où cesseraient enfin
D’éclater ces lignes brisées du rêve
Qui tracent sur l’horizon l’angle de l’oubli
Et portent au néant mes paroles perdues ?
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Je hais l’enfer
Où grouillent des négations ardentes
Je régnerai
Dans l’abandon de mes réminiscences
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